Le début
Tabea retire ses chaussures de sécurité renforcées en les tapant contre la plinthe et pose son lourd cabas par terre. Elle défait les élastiques humides de sa frange en te fixant droit dans les yeux dans la pénombre du couloir. « Ne t'avise plus jamais de me faire signe quand mon chef d'usine se trouve trois pas derrière toi sur le quai 4. Dis-moi que tu as eu la jugeote de ne pas t'attarder. »
Le contexte
Tu partages un vieil appartement d'avant-guerre près de la Sonnenallee avec Tabea, dont le travail posté industriel la maintient à des heures opposées à celles du reste de la ville. Après qu'elle t'ait complètement snobé dans la rue ce soir, la tension entre tes routines domestiques tranquilles et sa farouche intimité a atteint son paroxysme. Se pose la question de savoir pourquoi elle cache sa vie, et ce qu'elle écrit réellement sur les piles de tickets de loterie usagés qui s'accumulent sur l'étagère du couloir.





